Publié le 15 mars 2024

Goûter au chatini de requin aux Seychelles n’est pas une simple expérience culinaire, mais un arbitrage éthique complexe entre patrimoine et protection.

  • Le plat est un pilier de l’héritage créole, mais sa popularité actuelle alimente une pression destructrice sur des écosystèmes marins uniques et fragiles.
  • La valeur d’un requin vivant pour l’écotourisme dépasse largement sa valeur dans l’assiette, posant une question économique cruciale pour l’avenir des îles.

Recommandation : La décision finale vous appartient, mais elle doit être prise en pleine conscience des alternatives savoureuses et de l’impact irréversible de votre choix sur la biodiversité.

Face à un menu aux Seychelles, l’œil du voyageur curieux est souvent attiré par des noms exotiques. Le « chatini de requin » en fait partie, promesse d’une immersion authentique dans la culture créole. La plupart des guides de voyage le mentionnent comme une spécialité incontournable, une expérience gustative à ne pas manquer pour s’imprégner des saveurs locales. Cette approche place l’assiette au centre de l’expérience, réduisant un plat à sa seule dimension culinaire.

Pourtant, derrière cette ligne sur le menu se cache un dilemme bien plus profond, un conflit qui tiraille le touriste éco-conscient. D’un côté, le désir légitime de découvrir un patrimoine culinaire ; de l’autre, la connaissance alarmante de la fragilité des populations de requins à l’échelle mondiale. La véritable question n’est donc plus seulement « quel goût cela a-t-il ? », mais plutôt « quel est le coût de ma curiosité ? ». Peut-on réellement séparer la tradition de son impact écologique actuel ?

Cet article se refuse à donner une réponse binaire. En tant qu’éthicien de l’alimentation, notre rôle est de vous fournir toutes les clés pour forger votre propre jugement. Nous allons explorer la nature même de ce plat, de sa préparation à son goût, avant de plonger dans la réalité de la pêche au requin aux Seychelles. Nous examinerons les alternatives, le contexte culturel et l’histoire de ce mets pour comprendre comment il est passé de plat de subsistance à attraction touristique. Enfin, nous mettrons en balance sa valeur culinaire face à la valeur écologique et économique d’un requin vivant. L’objectif : transformer un choix impulsif en une décision éclairée.

Pour naviguer dans cette réflexion complexe, cet article est structuré pour vous guider pas à pas, de l’assiette à l’océan, afin de comprendre tous les enjeux cachés derrière ce plat emblématique.

Quel goût a le requin et comment est-il préparé pour enlever l’amertume ?

Avant d’aborder le dilemme éthique, il est essentiel de comprendre ce qu’est le chatini de requin sur le plan gustatif. La chair de requin, si elle n’est pas traitée, possède une forte amertume due à l’urée présente dans son sang, qui se transforme en ammoniac après sa mort. Le savoir-faire seychellois réside précisément dans la méthode de préparation qui élimine cette âpreté pour ne laisser qu’un produit savoureux. Le processus est méticuleux et ancre ce plat dans une longue tradition de conservation des aliments sous les tropiques.

La préparation la plus courante implique de faire bouillir la peau et la chair du requin, puis de les hacher très finement jusqu’à obtenir une texture presque effilochée. Ce hachis est ensuite rincé à plusieurs reprises. Comme le précise une description de la cuisine locale, « La base de ce mets est la peau de requin bouillie puis finement hachée. Cette préparation est mise, ensuite, à cuire dans le jus d’un bilimbi pressé ». Le bilimbi, un petit fruit local extrêmement acide, joue un rôle crucial : son acidité neutralise les dernières traces d’ammoniac et « cuit » chimiquement le poisson, à la manière d’un ceviche.

Morceaux de requin salés séchant au soleil sur un support en bambou traditionnel aux Seychelles

Le résultat est un condiment, plus qu’un plat principal. Le goût est puissant, salé et acidulé, avec une texture fibreuse et ferme. On y ajoute souvent de l’oignon émincé, du piment et un filet d’huile. Cette explosion de saveurs explique son rôle dans la cuisine créole : c’est un exhausteur de goût destiné à relever des accompagnements plus neutres. Cette importance du poisson dans l’alimentation locale est d’ailleurs remarquable, puisque les Seychelles détiennent le record mondial de consommation de poisson avec 85 kg par personne et par an, ce qui souligne le lien profond entre les habitants et l’océan.

Manger du requin aux Seychelles : est-ce durable ou destructeur ?

La question de la durabilité est le cœur du problème. Si le chatini de requin était autrefois un plat de subsistance préparé à partir d’espèces abondantes, la situation a radicalement changé. La pression exercée par la pêche, tant locale qu’internationale, a eu un effet dévastateur sur les populations de squales. Les requins sont des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire, avec un cycle de reproduction lent, ce qui les rend extrêmement vulnérables à la surpêche. Ils ne peuvent tout simplement pas se reconstituer au même rythme que les autres poissons.

Les chiffres sont sans appel. Dans l’océan Indien, zone où se situent les Seychelles, l’impact de la pêche industrielle, notamment celle visant le thon qui capture accidentellement (ou non) des requins, est catastrophique. Selon une enquête approfondie, les populations de requins et de raies ont chuté d’environ 85% de diminution dans cette région. Chaque portion de chatini servie à un touriste, même si elle provient de la pêche artisanale, contribue à maintenir une demande pour un produit issu d’espèces en grand péril.

Vue sous-marine d'un récif corallien préservé aux Seychelles avec poissons tropicaux colorés

Manger du requin aux Seychelles aujourd’hui, c’est donc participer, même à une échelle infime, à un système qui menace l’équilibre même des écosystèmes marins que l’on vient admirer. Les récifs coralliens, si prisés des plongeurs, dépendent de la présence de prédateurs comme les requins pour réguler les populations de poissons herbivores et maintenir un écosystème sain. La disparition des requins entraîne des effets en cascade imprévisibles et souvent irréversibles sur la vie marine. Le choix dans l’assiette a donc une répercussion directe sur la santé du paysage sous-marin.

Le chatini de poisson salé : l’alternative éthique qui a le même goût ?

Heureusement, le dilemme moral posé par le chatini de requin n’est pas une impasse. La cuisine seychelloise, riche et inventive, offre des alternatives qui permettent de découvrir des saveurs similaires sans contribuer à la pression sur les espèces menacées. L’alternative la plus directe et la plus répandue est le chatini de poisson salé, ou « chatini pwason sale ». Ce plat utilise la même base de préparation : un poisson séché et salé, réhydraté, émietté puis assaisonné avec du bilimbi, des oignons et du piment.

Le poisson utilisé est généralement une espèce plus commune et à reproduction plus rapide, comme le bourgeois ou la carangue, dont les stocks sont en meilleure santé. La texture est très proche de celle du chatini de requin, et le profil de saveur – salé, acide, piquant – est quasiment identique. Pour un palais non averti, il peut même être difficile de faire la différence. Cependant, pour les puristes, une nuance subsiste. Comme l’admet une spécialiste de la cuisine locale, « Certains préfèrent remplacer le requin par du poisson séché, mais la version originale garde toute ma préférence pour son goût inoubliable ». Cette remarque souligne que, pour certains locaux, l’alternative n’est pas un substitut parfait, mais elle représente un compromis tout à fait honorable et délicieux pour le voyageur conscient.

Au-delà du poisson salé, il existe une myriade d’autres chatinis à base de fruits et légumes qui témoignent de la créativité créole. Les chatinis de mangue verte, de papaye ou de bilimbi sont des condiments frais et vifs qui accompagnent merveilleusement les plats de riz et de poisson grillé. Opter pour ces variations est une excellente façon de soutenir une gastronomie durable tout en explorant la palette de goûts des Seychelles.

Votre plan d’action pour une dégustation responsable

  1. Optez pour le chatini de poisson salé traditionnel (pwason sale) comme alternative directe et savoureuse.
  2. Explorez les autres variantes de chatinis locaux à base de fruits : mangue verte, papaye, ou même directement le bilimbi.
  3. Interrogez le restaurateur sur l’origine et l’espèce du poisson utilisé dans les plats que vous commandez.
  4. Privilégiez les établissements qui affichent des certifications ou des engagements en faveur de la pêche durable.
  5. Considérez votre repas comme un vote : chaque choix en faveur d’une alternative durable envoie un signal au marché.

Pourquoi le chatini se sert-il toujours avec des lentilles et du riz ?

La composition de l’assiette seychelloise traditionnelle n’est jamais le fruit du hasard. Le chatini, qu’il soit de requin ou de poisson salé, n’est presque jamais consommé seul. Il fait partie d’un trio culinaire indissociable : riz, lentilles et chatini. Cette trinité constitue la base de nombreux repas créoles et son harmonie repose sur un équilibre parfait entre les saveurs, les textures et la nutrition. Le riz est l’élément central, la toile de fond neutre qui va accueillir les autres saveurs.

Comme l’explique le guide Petit Futé, la place du riz est primordiale : « Le riz est servi en premier – ordinaire en semaine, basmati les jours de fête ou s’il y a des invités – et forme un monticule sur l’assiette ». Ce monticule de riz blanc et vaporeux sert à absorber les sauces et à tempérer la puissance des autres ingrédients. Sur ce riz, on verse une portion de lentilles, souvent cuisinées en daube, une sorte de ragoût doux et crémeux, parfois parfumé au curry ou à la cannelle. Cette daube de lentilles apporte de la rondeur, des protéines végétales et une texture onctueuse qui contraste avec le grain du riz.

C’est ici que le chatini entre en scène. Avec son goût intensément salé, acide et piquant, il agit comme un condiment qui vient réveiller l’ensemble. Une petite quantité suffit à électriser chaque bouchée, coupant la richesse des lentilles et donnant du relief au riz. Cet assemblage est non seulement délicieux mais aussi très intelligent d’un point de vue économique. Il permet, avec une très petite quantité de poisson (l’ingrédient historiquement le plus cher à conserver), de rendre un grand bol de riz et de lentilles (ingrédients bon marché et nourrissants) extrêmement savoureux. C’est le fondement même d’une cuisine de subsistance, où chaque gramme de saveur est maximisé. D’ailleurs, le riz constitue avec le poisson la base de presque tous les repas, confirmant son statut de pilier de l’alimentation locale.

Comment ce plat de pauvre est-il devenu un mets recherché ?

L’histoire du chatini de requin est une illustration fascinante de la manière dont le tourisme peut transformer la perception et la valeur d’un plat. À l’origine, il ne s’agissait en rien d’un mets de luxe. Au contraire, c’était une nourriture de nécessité. Comme le rappelle Wikipédia, « C’était à l’origine un mets consommé par les premiers arrivants sur l’île, les ingrédients étant disponibles en abondance ». Les premiers colons et esclaves utilisaient ce qui était facilement accessible : des requins pêchés près des côtes et des techniques de salage et de séchage pour conserver la chair. C’était une solution ingénieuse pour assurer un apport en protéines dans un contexte de subsistance.

Le plat a conservé ce statut de « plat du pauvre » ou de nourriture familiale pendant des décennies. Sa transformation en « mets recherché » est directement liée à l’essor du tourisme aux Seychelles. Les voyageurs, en quête d’authenticité et d’expériences « typiques », ont commencé à s’intéresser à la cuisine locale. Les restaurateurs, flairant l’opportunité, ont mis en avant des plats comme le chatini de requin, le présentant comme un incontournable de l’héritage créole. La rareté et l’exotisme perçus par les touristes ont progressivement fait grimper sa valeur symbolique, et donc son prix.

L’impact de la croissance touristique

L’évolution du secteur touristique aux Seychelles illustre parfaitement cette pression accrue. Alors que dans les années 1990, le gouvernement limitait volontairement le nombre de visiteurs pour préserver l’archipel, cette politique a changé. Une analyse du secteur montre que si, initialement, le nombre de touristes était fixé à 150 000 visiteurs, en 2016, ce sont 304 000 touristes qui sont venus aux Seychelles. Ce doublement du nombre de visiteurs a mécaniquement augmenté la demande pour des produits « authentiques », transformant des plats de subsistance en produits de consommation touristique et exerçant une pression inédite sur des ressources locales autrefois gérées durablement par la seule population locale.

Ce phénomène, connu sous le nom de « folklorisation » de la nourriture, a un effet pervers : il crée une demande commerciale pour des ressources qui n’étaient à l’origine prélevées que pour des besoins domestiques. Le plat humble, né de la nécessité, est devenu un produit d’appel pour touristes, déconnecté de son contexte initial et contribuant à une pression écologique que sa version originelle n’avait jamais engendrée.

Quelle est la probabilité réelle de voir un requin-baleine et à quelle saison ?

La question de la consommation de requin prend une tout autre dimension lorsqu’on la met en perspective avec la valeur d’un requin vivant. L’écotourisme, et en particulier l’observation de la mégafaune marine, est devenu un pilier de l’économie seychelloise. Le requin-baleine, le plus grand poisson du monde, est l’une des créatures les plus majestueuses que l’on puisse espérer croiser. Ces géants doux, qui se nourrissent exclusivement de plancton, migrent à travers l’océan Indien et leurs passages près des côtes seychelloises sont des événements très attendus.

La meilleure saison pour espérer observer les requins-baleines aux Seychelles s’étend généralement d’août à novembre. Durant cette période, la concentration en plancton est plus élevée, les attirant plus près des îles, notamment autour de l’île principale de Mahé. Cependant, il faut être clair : l’observation n’est jamais garantie. Ce sont des animaux sauvages aux routes migratoires vastes. La probabilité de voir un requin-baleine lors d’une sortie en mer reste faible, ce qui rend chaque rencontre d’autant plus précieuse et magique. C’est un privilège, pas un dû.

Requin-baleine majestueux nageant dans les eaux cristallines des Seychelles avec plongeurs en arrière-plan

Cette activité génère des revenus considérables. Les touristes paient pour des excursions en bateau, des sorties de plongée et de snorkeling dans l’espoir d’apercevoir ces créatures. Ces revenus soutiennent des emplois locaux et financent des programmes de conservation. L’écotourisme représente une part significative du PIB du pays ; on estime que l’écotourisme a généré 500 millions de dollars en 2024, démontrant la puissance économique de la nature préservée. Un requin-baleine vivant, qui peut être observé par des centaines de touristes au fil des ans, a donc une valeur économique bien supérieure à celle d’un requin pêché et vendu pour quelques roupies sur un marché. Ce calcul simple est au cœur de l’arbitrage entre consommation et conservation.

Baignade aux Seychelles : faut-il vraiment craindre les requins dans les lagons ?

La peur des requins, souvent alimentée par la culture populaire, est une préoccupation pour certains voyageurs. Il est donc légitime de se demander si la baignade dans les eaux turquoise des Seychelles présente un risque. La réponse est nuancée mais globalement rassurante. Les attaques de requins sur des humains sont extrêmement rares dans le monde, et les Seychelles ne font pas exception. Les lagons peu profonds, protégés par des barrières de corail, abritent principalement de jeunes requins de récif, comme le requin à pointe noire, qui sont de petite taille et très craintifs. Ils fuient généralement à l’approche des nageurs.

Le bon sens reste cependant de mise. Comme le conseille un voyageur sur un forum, « Les requins n’attaquent pas l’humain, sauf erreur. Il convient donc de nager en eau claire et éviter la trouble ». Les attaques, aussi rares soient-elles, se produisent souvent dans des conditions de faible visibilité (aube, crépuscule, eau trouble) où le requin peut confondre un humain avec une de ses proies habituelles. En respectant ces consignes simples et en se baignant dans les zones surveillées et fréquentées, le risque est quasi inexistant.

Ironiquement, c’est l’humain qui représente une menace bien plus grande pour le requin que l’inverse. La demande pour des produits comme le chatini ou les ailerons a conduit à une surpêche dramatique. Face à ce déclin, des mesures de protection internationales ont été mises en place. Par exemple, en 2022, la CITES a décidé de réguler la pêche de 54 espèces de requins requiem et requins-marteaux, dont beaucoup se trouvent dans l’océan Indien. Cette réglementation vise à rendre le commerce international de ces espèces plus durable, mais la pêche locale et la consommation touristique passent souvent sous les radars. La véritable question n’est donc pas de savoir si nous devons craindre les requins, mais plutôt s’ils doivent nous craindre.

À retenir

  • Le chatini de requin est un plat profondément ancré dans l’héritage culturel seychellois, né de la nécessité et du savoir-faire de la conservation.
  • La consommation actuelle, alimentée par le tourisme, exerce une pression destructrice sur des populations de requins déjà décimées par la surpêche.
  • Des alternatives éthiques et savoureuses, comme le chatini de poisson salé, existent et permettent de découvrir la gastronomie créole de manière responsable.

Pourquoi les Seychelles possèdent-elles une biodiversité que vous ne verrez nulle part ailleurs ?

L’archipel des Seychelles est un trésor de biodiversité, un laboratoire de l’évolution souvent comparé aux Galápagos. Son isolement géographique au milieu de l’océan Indien a permis à des espèces uniques au monde de se développer, tant sur terre que sous l’eau. Des tortues géantes d’Aldabra aux plus petites grenouilles de la planète, en passant par le célèbre coco de mer, les Seychelles abritent un taux d’endémisme exceptionnel. Cette richesse naturelle est la principale ressource du pays, son plus grand atout.

L’engagement des Seychelles pour la protection marine

Conscient de la fragilité de cet héritage, le gouvernement seychellois a pris des mesures ambitieuses pour sa protection. En 2020, une étape majeure a été franchie avec la création de 13 nouvelles zones marines protégées. Comme le rapporte Fairmoove, cette initiative a permis de placer 30% de l’espace océanique du pays sous protection. L’objectif est de préserver les écosystèmes marins vitaux, comme les récifs coralliens et les herbiers marins, face aux menaces du changement climatique et de la surpêche, assurant ainsi un refuge pour la vie marine.

Dans cet écosystème complexe, les requins jouent un rôle irremplaçable. En tant que super-prédateurs, ils sont les régulateurs de l’océan. Comme le souligne une analyse scientifique, « Les requins sont au sommet des réseaux trophiques marins, ce sont donc des espèces clés qui jouent un rôle important dans la stabilité de l’écosystème ». Leur disparition provoquerait un déséquilibre en chaîne, mettant en péril toute la biodiversité que les touristes viennent admirer. Protéger les requins, ce n’est pas seulement sauver une espèce, c’est préserver l’intégrité de tout l’écosystème marin seychellois.

Le contraste entre ces efforts de conservation et la présence de chatini de requin au menu est frappant. La demande touristique, même modeste, entretient une pression de pêche qui va à l’encontre de ces objectifs de protection. La mortalité mondiale des requins, estimée entre 63 et 273 millions d’individus par an, rappelle l’ampleur de la crise. Choisir de ne pas consommer de requin aux Seychelles, c’est donc s’aligner avec la vision à long terme du pays pour la protection de son patrimoine naturel unique.

Prendre conscience de cette biodiversité exceptionnelle est le premier pas pour comprendre l'importance capitale de chaque geste de conservation.

Votre fourchette a un pouvoir. L’étape suivante consiste à l’utiliser avec conscience, en interrogeant les restaurateurs, en explorant les alternatives délicieuses et en privilégiant les choix qui protègent la merveilleuse et fragile biodiversité des Seychelles pour les générations à venir.

Rédigé par Jean-Marc Hoareau, Guide culturel seychellois et historien amateur, spécialiste du patrimoine créole, de la gastronomie locale et des traditions orales de l'archipel.